17.03.2008
Jean-Christophe Philippi
Travaux récents : Adam et Eve
Acrylique 300 x 130 cm 2007/08
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Trinité
50 x 65 cm - 2003
À quinze ans, Il participe à une exposition à Strasbourg avec trois camarades. Il peint de plus en plus et termine son lycée. La peinture est sa principale occupation. Il commence à participer à des expositions de groupe à Strasbourg et en Allemagne, il fait quelques expositions personnelles à Colmar, Bâle et Strasbourg. À cette époque, entre 20ans et 25 ans, il peint ce qu’il a appelé des « monstres » : personnages fantastiques et rituels, êtres totémiques troués d’yeux, créatures émergeant de l’obscurité, figures tourmentées, défilé d’êtres lugubres et nocturnes, faces aux yeux exorbités, personnages tyranniques. Il s’agit de tout un travail d’exorcisme douloureux. Mais deux versants coexistent dans son travail : il dessine aussi beaucoup à la craie grasse des personnages de carnaval très colorés, gais et ironiques ainsi qu’un bestiaire fantastique et des êtres à la sexualité burlesque et drolatique.
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Parallèlement à la peinture, il mène des études littéraires et espère pouvoir trouver un équilibre ou un compromis entre l’art et l’enseignement.
Il s’intéresse beaucoup à l’histoire récente, lit beaucoup de témoignages sur les deux guerres mondiales et trouve dans la bibliothèque de son oncle les ouvrages de Hannah Arendt, Karl Jaspers et W Benjamin. Il réussit ses études et les termine par une maîtrise sur Michel de Montaigne.
Il décide de concentrer toute son énergie sur la peinture et le dessin. D’abord il est profondément influencé par les artistes de l’Art brut; par leur force, par leur violence, par la complexité de leur univers, par leur spiritualité, à cause de leur affranchissement par rapport aux canons artistiques et esthétiques.
Ensuite Il comprend que les « plus grands de l’Art brut » ne sont pas des gens tout à fait indemnes de culture, mais qu’au contraire ce sont des artistes qui possèdent une haute culture, non livresque, et qui ont élaboré toute une cosmogonie personnelle, tout un univers complexe.
Ce rapport à la culture et à l’art, très différent de celui imposé par les institutions, le passionne. Il croit comprendre qu’au fond les artistes « bruts » sont des gens pour qui l’histoire personnelle, leur biographie, était trop douloureuse et, ils ont en quelque sorte troqué cette histoire personnelle contre l’Histoire avec un grand H, en intériorisant les tourments et les fractures de l’Histoire récente pour en faire une œuvre. Savoir cela le motive profondément.
Il peint et dessine beaucoup dans l’enthousiasme; petit à petit les démons et les créatures de ses vingt ans, les motifs obsessionnels ressurgissent ainsi que les figures fantomatiques et les personnages fantastiques. Il s’enferme dans son atelier et produit des milliers de dessins presque à l’aveugle. Il entasse ses œuvres comme pour en faire des piles d’énergie, il essaie toutes sortes de techniques sans se préoccuper de montrer ou d’exposer. Il tente de faire émerger le monde intérieur tourmenté qu’il avait refoulé si longtemps et il se protège du regard des autres souvent castrateur et trop culturel. Il commence à reprendre confiance en lui et décide d’aller montrer ses travaux. Plusieurs personnes l’encouragent immédiatement. Aujourd’hui il peint et dessine beaucoup, c’est l’essentiel de son activité : il sait que rien ne pourra plus l’arrêter.


















